La Calvitie
Définition
Il s'agit d'un terme générique qui désigne le dégarnissement d'une zone plus ou moins étendue du cuir chevelu. Bien qu'il existe différentes formes de calvitie, la plus fréquente est l'alopécie androgénétique, dont sont atteints 30 % des hommes à 30 ans et 50 % à 50 ans. Les causes précises de cette perte de cheveux ne sont malheureusement pas entièrement connues et s'il existe à l'heure actuelle des traitements médicaux qui peuvent la retarder, aucun ne permet encore de l'enrayer définitivement. En revanche, les immenses progrès accomplis par la chirurgie dans ce domaine offrent aujourd'hui à tous ceux qui le désirent la possibilité de retrouver leur chevelure d'antan, par un moyen simple, définitif et surtout naturel : la microgreffe capillare.
Cette technique permet de transplanter un à un des follicules pileux depuis une zone dite donneuse, où les cheveux sont nombreux et sains, vers une zone alopécique, dite receveuse, au contraire clairsemée ou totalement dégarnie.
Principes
Les cheveux sont composés de kératine, substance que l'on retrouve dans les ongles et la couche supérieure de l'épiderme (couche cornée).Ils prennent naissance, dans le follicule pileux, qu'on appelle bulbe, et qui se situe dans le tissu sous-cutané. Comme toute autre partie de l'organisme, le bulbe est constitué de cellules vivantes, soumises à un cycle de croissance naturelle qui leur est propre ; ce cycle se décompose en trois phases : anagène, catagène et télogène. La phase anagène correspond à la période de croissance du cheveu, c'est la plus longue du cycle, elle dure 2 à 5 ans en moyenne. La majeure partie des cheveux qui coiffent notre tête se situe dans cette phase. Vient ensuite la phase catagène, d'arrêt progressif des différentes fonctions vitales ; elle correspond à une phase de repos d'environ 3 semaines, durant laquelle le cheveu cesse d'évoluer. S'ouvre alors la phase télogène, d'une durée approximative de 3 mois, qui aboutit à la chute du cheveu et idéalement au commencement d'un nouveau cycle. Le cheveu télogène peut tomber de lui-même ou être délogé par un nouveau cheveu en phase de croissance.Chaque bulbe est programmé pour un nombre de cycles prédéfini, qui oscille entre 25 et 30 en moyenne au cours d'une vie. La durée de chaque cycle étant comprise, comme nous l'avons vu, entre 3 et 5 ans, nous disposons tous, en théorie, d'un nombre suffisant de cycles pour conserver une chevelure fournie et drue jusqu'à notre mort. Malheureusement, il n'en va pas ainsi de certains sujets prédisposés chez qui, pour des raisons en partie inconnues souvent liées à des facteurs héréditaires, les cheveux situés dans des régions précises du crâne entrent dans une phase d'accélération très rapide du cycle pilaire. Ce dernier, en se raccourcissant, épuise son potentiel en un laps de temps plus court, ce qui entraîne tout d'abord une raréfaction des cheveux, puis la calvitie proprement dite. Les innombrables études menées sur la question ont toutes mises en lumière la part essentielle prise par les hormones androgènes (testostérone et dihydrotestostérone) dans la chute précoce des cheveux. D'où le terme d'alopécie androgénétique, employé pour désigner ce type de calvitie responsable de 98 % des cas de chute de cheveux précoce chez l'homme et de 30 % chez la femme.Contrairement aux idées reçues, la calvitie n'est pas le signe d'un regain de virilité, qui indiquerait une augmentation du nombre d'hormones masculines. Les observations montrent en effet que la concentration totale de testostérones est pratiquement la même entre un sujet chauve et un autre particulièrement chevelu. Les premiers se distinguent en revanche par la sensibilité aux testostérones de certains de leurs follicules pileux, situés normalement au sommet du crâne. Chez les personnes chauves, ces follicules ont en effet une sensibilité plus aiguë, qui se traduit par une augmentation de l'enzyme 5-alpha-reductase, laquelle, à l'intérieur de la cellule, transforme le testostérone en sa forme active, le dihydrotestostérone (DHT). Ce dernier provoque l'accélération du cycle pilaire qui aboutit, en dernière instance, à l'atrophie précoce du bulbe et à la chute du cheveu. C'est pourquoi même dans les cas de très grande calvitie, le sujet conserve toujours une « couronne » caractérisée par une bonne densité capillaire : à cet endroit, en effet, les cheveux ont une sensibilité normale aux testostérones et par conséquent un cycle pilaire de durée elle aussi normale. Ce détail a une grande importance, car ce sont justement ces follicules pileux qui vont fournir la matière première nécessaire à la réalisation de la microgreffe capillaire. Les follicules de la couronne, même lorsqu'ils sont transplantés dans une autre région du crâne, conservent en effet une sensibilité normale et, partant, un cycle pilaire de durée normale.
Avant l'intervention
Lors de la première visite, après un examen minutieux du cuir chevelu, du type de calvitie, de son étendue et des attentes du patient, le médecin posera son diagnostic et préconisera le type de traitement le mieux adapté.
Si la calvitie est de type androgénétique et se prête donc à une thérapie chirurgicale, le médecin discutera avec son patient de la planification de l'intervention d'autogreffe et du dessin des zones réimplantées ; cette phase représente une étape essentielle de l'intervention. Le dessin ne doit pas faire l'objet d'un compromis entre le patient et le chirurgien mais être le fruit d'une décision prise après mûre réflexion. Pour bien préparer une intervention d'autogreffe, il ne suffit pas d'avoir un sens esthétique aigu, encore faut-il que le dessin corresponde à un objectif réaliste et que toute la dynamique du processus de calvitie soit comprise. Les résultats à la portée de chacun varient grandement d'un sujet à l'autre ; la planification de l'intervention doit donc être elle aussi être rigoureusement pensée au cas par cas. Les deux principales questions à soulever sont le dessin de la ligne frontale et l'étendue de la zone à traiter.
La ligne frontale
Les bulbes transférés de la région occipitale à la région frontale conservent, nous l'avons dit, la même espérance de vie que dans leur site d'origine.
C'est la garantie que la greffe fonctionne mais cela implique aussi que la première ligne de cheveux, ainsi constituée de façon naturelle, sera permanente et devra donc être adaptée aux exigences esthétiques du patient, à tous les stades de sa vie. Les lignes frontales trop avancées et le comblement excessif des golfes des tempes sont des erreurs qui, au fil des années, contraignent le patient à des retouches forcées et/ ou à des interventions compliquées d'élimination de greffons positionnés trop en avant.
L'étendue de la zone à traiter
Tous les patients ne peuvent pas se fixer le même objectif ; pour certains il s'agira d'une densification, pour d'autres d'une couverture complète de la zone de calvitie, pour d'autres encore d'une restauration de la région antérieure. L'étendue de la zone à traiter doit être envisagée de pair avec le plan opératoire, la densité du site donneur, les désirs et l'âge du patient.
Une fois établi le plan opératoire et la date de l'intervention, un bilan hématologique sera prescrit au patient, à effectuer avant l'opération ; il ne devra prendre aucun médicament contenant de l'aspirine pendant une période de dix jours au moins avant l'intervention. La veille au soir et le matin de l'opération, le patient devra se faire un shampoing avec un savon médical, destiné à détruire la faune bactérienne présente sur le cuir chevelu.Comme l'intervention a lieu sous anesthésie locale, non seulement le patient n'a pas à se présenter à jeun mais il doit au contraire faire un bon petit déjeuner avant de se rendre à la clinique.
Types d'anesthésie et modalités d'hospitalisation
L'intervention a toujours lieu sous anesthésie locale pure, en ambulatoire. Autrement dit, le patient reste complètement conscient pendant toute la durée de l'opération et rentre chez lui au plus tard en fin d'après-midi. Pour éviter tout désagrément lié à la durée de l'opération ou aux piqûres de l'anesthésie locale, notre équipe est secondée par un anesthésiste réanimateur qui plongera quelques minutes le patient dans un sommeil léger, le temps de procéder aux injections de l'anesthésie locale ; le délassement modéré qui s'ensuit et le bon positionnement du patient sur un fauteuil incliné concourront à faire de l'intervention une expérience agréable et indolore de bout en bout. La présence de l'anesthésiste garantit, en outre, un suivi continu du patient pendant tout le déroulement de l'opération.
L'intervention
À son arrivée à la clinique, le patient sera reçu par nos assistantes, qui le conduiront dans une salle accueillante ; il pourra s'y changer en toute tranquillité et l'anesthésiste lui administrer les médicaments adéquats, pour calmer le stress qui survient toujours lors d'une intervention, aussi banale soit-elle. Une fois le dessin préopératoire effectué, le chirurgien confiera le patient à ses assistantes, qui le conduiront dans la salle d'opération et le prépareront à l'intervention. Confortablement assis dans un fauteuil incliné, le patient sera légèrement assoupi par l'anesthésiste, le temps qu'il procède à l'anesthésie de la zone donneuse. Après quoi, le patient ne ressentira plus la moindre douleur et le chirurgien pourra prélever la bandelette de cuir chevelu contenant les bulbes à transplanter. Il importe ici de souligner que la section des bords de la bandelette suit un tracé légèrement oblique : cette astuce permet de conserver quelques bulbes sous la ligne de suture, de façon à ce que les cheveux repoussent à travers la cicatrice et, de ce fait, la rendent pratiquement invisible. Le prélèvement achevé, la bandelette est immédiatement remise aux assistantes qui la déposent dans des bacs stériles remplis de sérum physiologique glacé, de façon à préserver au mieux les délicats follicules. Pendant que le chirurgien s'occupe de la suture des berges de la plaie, les assistantes se sont déjà mises à découper la bandelette en unités folliculaires. Une précision s'impose ici : contrairement à ce que l'on pourrait penser, à chaque follicule ne correspond pas un cheveu distinct. Un même follicule peut en effet donner naissance à un, deux voire trois cheveux ; c'est pourquoi l'on préfère aujourd'hui désigner cet ensemble sous le nom d'unité folliculaire. Il est capital d'en respecter la structure anatomique, qu'on ne peut d'ailleurs distinguer qu'au microscope. À l'œil nu, en effet, l'assistante ne percevra que deux ou trois cheveux distincts : elle tâchera de les séparer et lèsera le follicule ; ou, pis encore, elle ne transplantera que la tige. Dans les deux cas, le résultat est le même : une repousse nulle. Voilà pourquoi la greffe classique pêche souvent par un pourcentage inadmissible de pertes de greffons, qui conduit à un gaspillage inacceptable du « capital capillaire ». Autant d'écueils qui sont évités à l'aide du microscope binoculaire, lequel assure non seulement une viabilité des greffons de l'ordre de 100 % mais permet aussi de les trier en unités folliculaires de un, deux ou trois cheveux, déposés dans des bacs différents. Nous verrons plus loin que ce tri sera d'une extrême importance au moment de la réimplantation. Il va de soi que la découpe sous microscope doit être confiée à un personnel hautement qualifié, qui représente un coût supplémentaire non négligeable. Mais nous restons convaincus que le résultat obtenu et surtout l'assurance de transplanter 100 % de bulbes viables justifient amplement les dépenses supportées. Une fois la suture terminée, le chirurgien achève l'anesthésie de la zone receveuse et passe à la phase la plus délicate : l'implantation des micro-greffons. Celle-ci consiste à pratiquer dans le cuir chevelu de multiples orifices au moyen d'une aiguille légèrement plus grosse que celle qui sert d'habitude aux piqûres intramusculaires, de façon à ne laisser aucune cicatrice (ce que l'on concevra sans peine si l'on songe, de même, qu'une piqûre dans les muscles fessiers ne laisse jamais aucune trace). L'orientation de ces orifices respecte celle des cheveux de la zone receveuse, de façon à ce que les cheveux transplantés poussent dans le même sens qu'eux. Les orifices reçoivent alors les micro-greffons, insérés au moyen d'une pince de microchirurgie.Bien évidemment, seules les unités folliculaires d'un cheveu seront placées à la lisière frontale, pour que le résultat esthétique soit le plus naturel possible. Inversement, les unités folliculaires de deux ou trois cheveux seront placées dans les régions postérieures, de façon à obtenir, pour une même quantité de greffons, une densité pilaire double ou triple. À la lisière frontale, il faudra en outre veiller à répartir les greffons avec naturel, pour éviter cet aspect « en rangs de poireaux » qui donne à la greffe une allure tout à fait factice. Une fois achevée cette opération longue et méticuleuse, les assistantes conduiront le patient dans une chambre accueillante, où il pourra se reposer devant une légère collation avant de quitter la clinique.Après l'intervention
Dans la majorité des cas, le patient est pansé avec une fine bande élastique, semblable au bandeau des joueurs de tennis, qui maintient une compression homogène sur toute la zone de prélèvement pendant quelques jours. Aucun pansement n'est généralement appliqué sur la zone transplantée. En l'absence de bandage, les cheveux encore présents dans la région traitée et ceux des alentours peuvent être coiffés de façon à masquer la zone transplantée. À son domicile, le patient suit un traitement d'une extrême simplicité, qui consiste à prendre un antibiotique et un analgésique pendant quelques jours.La cicatrice de la région occipitale n'appelle pas de soins particuliers ; il suffit d'appliquer une désinfectant local après chaque douche. Soulignons à cet égard que le patient pourra se faire un shampoing de la zone de prélèvement le jour suivant l'intervention et devra attendre 3 jours pour la zone transplantée.
Les suites post-opératoires :
La vie sociale n'est interrompue que quelques jours, essentiellement en raison d'un œdème post-opératoire. Il s'agit en pratique d'un gonflement, parfois impressionnant, mais qui traduit la réaction normale de l'organisme au traumatisme causé par l'intervention ; malheureusement, du fait de la force de gravité, ce gonflement, situé en principe uniquement sur le crâne, peut descendre à hauteur du front ou, dans un certains cas, des paupières. Quoi qu'il en soit, l'œdème est complètement réversible et disparaîtra en quelques jours sans laisser de trace.Toutes les croûtelles formées à la base de chaque site greffé tomberont au bout d'une dizaine de jours, de même que les tiges des bulbes transplantés. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter de voir tomber l'ensemble des cheveux greffés : c'est un fait parfaitement normal, qui traduit la réponse du bulbe au stress chirurgical subi. Autrement dit, ce qui importe dans la transplantation, c'est la racine et non le cheveu lui-même ! Dans les faits, un mois après l'intervention, le patient aura exactement le même aspect qu'avant. Il faudra attendre au moins 3 mois pour voir apparaître les premiers cheveux à la surface du cuir chevelu et six mois avant d'obtenir un résultat visuel appréciable. Un tel laps de temps est nécessaire parce que le poil n'est pas simplement coupé au ras de la surface cutanée, comme lorsqu'on se rase, mais il est intégralement expulsé. Il faudra donc attendre que le bulbe fabrique un nouveau cheveu au sein de sa matrice mais aussi qu'il pousse jusqu'à atteindre la surface cutanée. C'est alors seulement qu'il commencera à se voir.
Le résultat
Bien qu'elle donne des résultats extrêmement satisfaisants, la microgreffe capillaire s'inscrit dans une durée assez longue. Ainsi, comme nous l'avons déjà dit, le patient ne constatera aucun changement avant une période de trois mois suivant l'intervention, moment où commenceront à apparaître les pousses des premiers cheveux greffés. La repousse n'aura pas lieu au même moment pour tous les bulbes mais s'échelonnera sur les mois suivants. Le résultat final sera aussi fonction de la longueur de la coupe habituelle du patient ; il faudra en effet patienter jusqu'à ce que les cheveux transplantés aient rattrapé la longueur des cheveux préexistants. Une fois ce laps de temps écoulé, le patient verra sa patience et sa confiance récompensées par une chevelure épaisse et juvénile.
Les complications possibles
Bien qu'elle soit longue et méticuleuse, ce genre d'intervention ne comporte par bonheur aucun gros risque. En outre, le fait qu'elle soit toujours exécutée sous anesthésie locale, qui plus est sous la supervision d'un anesthésiste réanimateur, élimine à peu près tout problème lié à l'anesthésie. Les uniques complications possibles sont :
- Une anesthésie de la zone donneuse, qui vient de ce que le prélèvement entraîne toujours la section d'un nombre limité de petits nerfs sous-cutanés, assurant la sensibilité de la région de la nuque. Cette sensibilité redeviendra parfaitement normale après quelques mois, le temps que les nerfs se reforment dans la région concernée.
- Un élargissement de la cicatrice qui, au lieu de former une ligne, ressemblera à une bande de quelques millimètres d'épaisseur ; la pousse de nouveaux cheveux à l'intérieur de la cicatrice la rendra de toute façon pratiquement invisible. Une retouche reste en tout état de cause toujours possible, au plus tôt six mois après l'intervention.
- La repousse des cheveux depuis le bulbe, situé à l'intérieur du cuir chevelu, jusqu'à la surface peut dans certains cas provoquer la formation de microkystes épidermiques, tout à fait semblables aux petits boutons qui apparaissent au niveau des poils incarnés de la barbe. Ces kystes disparaîtront sans laisser de traces dès que le cheveu aura trouvé sa route.
